Salle de presse

La faim : un chemin direct vers la détresse et la misère

Deux chercheuses de l’Université de Montréal ont étudié l’impact de la pauvreté 

Montréal, le 20 novembre 2019 – Selon des études menées par deux chercheuses de l’Université de Montréal, la faim récurrente causée par la pauvreté constitue l’élément déclencheur d’une spirale de misère pour des individus et des familles entières.
 
La faim représente une réelle menace, car elle force sans cesse un individu à puiser dans ses ressources et à déployer des stratégies pour s’en sortir, explique Caroline Adam, chercheuse rattachée au département de nutrition de l’Université de Montréal. « Une personne affamée doit se mobiliser afin de trouver rapidement des solutions, ce qui la privera de nombreux moments de qualité, dit-elle. Les conséquences néfastes s’enchaîneront alors : irritabilité, colère, désespoir, etc. Sans parler du jugement, qui sera affecté par l’état de crise. Sans oublier que de suivre le Guide alimentaire canadiendans de telles conditions s’avère presque impossible.»
 
La spécialiste a tracé cet état de la situation en compagnie de sa collègue Geneviève Marcille lors d’une rencontre de presse lançant la 19e édition de La guignolée des médias.
 
La honte de demander de l’aide
« Selon l’Enquête sur la santé des collectivités canadiennes, sur 1,8 million de Montréalais, 250 000 se trouvent en état d’insécurité alimentaire (IA), dont 16 000 enfants de moins de 12 ans et 55 000 en situation grave, a indiqué Geneviève Mercille. Les deux tiers possèdent un diplôme postsecondaire, et 60 % ont un revenu d’emploi. Au Québec, 900 000 personnes sont dans une situation semblable, et un enfant sur six grandit dans un ménage affecté par l’IA. »
 
La chercheuse a également observé que pour une très vaste majorité de bénéficiaires, le recours à un comptoir alimentaire constitue une solution ultime. « Ces gens ne sont pas des profiteurs. Ils ne s’y rendent pas de gaieté de cœur et ressentent de la honte, explique-t-elle. De fait, toutes les études à ce sujet ont démontré que les demandeurs multiplient au préalable les stratégies afin de composer avec leur réalité. Seulement un ménage sur trois en état d’IA fait appel à l’aide alimentaire d’urgence. »
 
Caroline Adam acquiesce. « Contrairement au loyer ou à la facture d’électricité, le budget consacré à l’alimentation est compressible, indique-t-elle. Par conséquent, c’est le premier endroit où l’on fait des sacrifices. Par la suite, d’autres mesures sont mises en place de manière à repousser au maximum l’utilisation d’un comptoir : emprunter de l’argent, vendre des biens personnels, retarder des paiements, etc. Chose certaine, les gens pauvres se retrouvent confrontés tôt ou tard à la faim. »
 
Survivre avec débrouillardise et ingéniosité
Les recherches ont aussi montré que les gens en IA planifient beaucoup plus leurs achats alimentaires que la moyenne des consommateurs (produire des listes et s’en tenir à elles, surveiller attentivement les promotions, etc.). Et pour leur épicerie, ils fréquentent des supermarchés à bas prix, voire les magasins à un dollar.
 
« Une de leurs grandes hantises est la peur de gaspiller, précise Caroline Adam. Donc, ils se procurent des aliments qui se conservent bien (mais souvent moins bons pour la santé). De plus, ils ne se risquent pas à acheter des aliments que leurs enfants pourraient ne pas aimer (par exemple, essayer un nouveau légume avec le souper). Donc, la pérennité et le gaspillage sont pris en compte dans l’équation, souvent au détriment de la qualité. »
 
Les deux spécialistes signalent que plusieurs des trucs recommandés pour économiser sur les achats alimentaires sont irréalistes. « Acheter en grande quantité les aliments à prix réduits, cibler les plus gros formats, visiter plusieurs épiceries, tout cela exige une marge de manœuvre budgétaire et de l’espace à la maison pour entreposer, précise Geneviève Mercille. Or, les gens en IA ne disposent ni de l’un ni de l’autre. » Cela dit, ilsfont preuve d’ingéniosité lors des périodes difficiles : apprêter les restes de manière créative, étirer les repas avec des aliments « qui remplissent », cuisiner avec des conserves, etc.
 
Pour Geneviève Mercille et Caroline Adam, il faut être réaliste : l’aide alimentaire ne va pas renverser à elle seule la situation de pauvreté des familles et des individus qui en reçoivent. Néanmoins, elle contribue à diminuer la menace de la faim. Ainsi, elle permet aux personnes de se consacrer à améliorer leurs conditions de vie. L’aide alimentaire à Noël procure aussi un moment de bien-être. « Mais pour cela, précisent-elles, il faut accéder à des aliments de qualité. Une des solutions est de donner de l’argent aux organismes communautaires qui, eux, vont acheter des produits frais. »
 
L’occasion d’aider des gens et des familles
La guignolée des médias se déroulera du 25 novembre au 24 décembre, et sa grande collecte de rue aura lieu partout au Québec le jeudi 5 décembre prochain. Les neuf porte-paroles de cette année sont la chanteuse et comédienne Mélissa Bédard, le photographe Alexandre Champagne, l’animateur Jean-Philippe Dion, l’humoriste et animateur Stéphane Fallu, le comédien Patrice Godin, l’entrepreneure Danièle Henkel, la blogueuse Bianca Longpré, la chanteuse Ariane Moffatt et l’animatrice Patricia Paquin.
 
Jusqu’à Noël, les 415 pharmacies du Groupe Jean Coutu, les 208 supermarchés Maxi et Provigo ainsi que les 58 bureaux de la bannière immobilière Via Capitale accepteront les dons en denrées alimentaires non périssables et en argent. 
 
Ticketpro mettra aussi son réseau téléphonique à la disposition des donateurs. Leurs contributions pourront donc être versées en toute sécurité au 1 866 908-9090 ou au 514 790-1111. Il est aussi possible d’aider à guignolee.ca ou par texto – à REMPLIR au 20222 – pour un don de 10 $. 
 
Seule cause organisée et soutenue par une centaine de médias du Québec, La guignolée des médias a récolté plus de 40 millions $ et plusieurs dizaines de tonnes de nourriture depuis sa naissance en 2001. Le tout a été distribué à plus de 100 organismes bénéficiaires, dont, à Montréal, Moisson Montréal, Jeunesse au Soleil et la Société de Saint-Vincent de Paul.
 
Merci à Cision pour la diffusion des communications de La guignolée des médias.
 
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