Salle de presse

La moitié des comptoirs alimentaires du Québec ne répondront pas à la demande en 2019

La collecte de rue de la guignolée des médias aura lieu demain, le 6 décembre
 

Montréal, le 5 décembre 2018 – Si la tendance se maintient – et à moins d’un redressement majeur –, un comptoir alimentaire sur deux au Québec vivra une période difficile en 2019. Selon le bilan faim 2017, 47,4 % des organismes d’aide alimentaire ont ainsi manqué de denrées. Cette situation a entraîné des conséquences directes troublantes : 
 
• 3,8 % ont dû fermer plus tôt ou ne pas ouvrir durant certaines journées;
• 7,9 % ont dû renvoyer chez eux des gens sans leur offrir de nourriture;
• 14,1 % ont dû solliciter l’assistance d’un autre comptoir alimentaire;
• 45,5 % ont dû donner moins de denrées;
• 49,6 % ont dû acheter davantage de denrées que d’habitude.
 
C’est donc avec cette perspective que se déroulera le jeudi 6 décembre, la traditionnelle collecte de rue annuelle de La guignolée des médias. Cette édition permettra de franchir les 40 millions $ récoltés depuis sa naissance en décembre 2001. À sa 18e présentation, La guignolée des médias s’avère plus pertinente et nécessaire que jamais. 
 
En effet, il y a quelques années, le visage de la pauvreté a commencé à changer. Parmi les gens qui recouraient à l’aide alimentaire, on trouvait désormais des travailleurs et des salariés. À cela s’ajoutent maintenant les difficultés qu’éprouvent les comptoirs d’aide, qui ne parviennent plus à répondre à des demandes grandissantes. Il faut donc redoubler d’ardeur afin de les soutenir à l’approche des fêtes, mais aussi pour le reste de l’année. La faim ne diminue pas après Noël.
 
Familles dans le besoin et tablettes vides
À l’occasion d’une activité de sensibilisation tenue le 22 novembre en marge de La guignolée des médias, Jeanne Breton, de la Société de Saint-Vincent de Paul a d’ailleurs confirmé la vulnérabilité actuelle des services d’aide alimentaire. « En novembre, nous n’avons plus de nourriture à remettre, nos tablettes sont vides, a-t-elle déploré. La guignolée des médias nous permet d’offrir des services pendant une bonne partie de l’année, mais pas durant les 12 mois en entier. »
 
Une telle situation s’explique par une augmentation de 5 % des demandes d’aide alimentaire mensuelles au cours des deux dernières années complètes, selon le document annuel Bilan-Faim, produit par les Banques alimentaires du Québec. Ainsi, alors que 1 798 609 demandes avaient été enregistrées en 2016, ce nombre a bondi à 1 886 961 l’année suivante.
 
Parmi les bénéficiaires, 15,1 % des ménages ayant recouru à de l’aide l’ont fait pour la première fois l’an dernier, alors que 10,8 % des demandes provenaient de gens avec un revenu d’emploi. C’est le cas Jean-François Thibault et d’Éric Mongrain, qui ont respectivement sollicité Jeunesse au Soleil et la Société de Saint-Vincent de Paul à des moments plus difficiles financièrement.« Je ne sais pas où je serais aujourd’hui sans ceux qui m’ont dépanné à une période de ma vie où j’avais tout perdu, témoigne Jean-François Thibault. Les gens qui y œuvrent sauvent des vies. » 
 
Rajoutons que comme l’ont rapporté plusieurs médias en début de semaine, le coût du panier d’épicerie grimpera considérablement au cours de la prochaine année. Rien pour nous rassurer. 
 
Une campagne de pub percutante
Pour en savoir plus sur la situation délicate des services d’aide alimentaire québécois, pour entendre des récits de bénéficiaires et pour découvrir les réactions souvent émotives des porte-paroles 2018 de La guignolée des médias*  face au contexte actuel, cliquez sur https://www.youtube.com/playlist?list=PLOn_-3N85e1SWDEmZZWXe_6Zl-965JTg7
 
Les témoignages ont été captés dans le cadre d’une initiative de sensibilisation ayant donné l’élan au volet de réseaux sociaux de la campagne 2018. Pour voir toutes les pièces de celle-ci, de même que le nouveau logo de La guignolée des médias, cliquez ici
 
Sous la signature Chaque année, la moitié des comptoirs d’aide alimentaire manquent de denrées, l’opération de cette année met à l’avant-plan leur précarité et son impact dans les familles. Elle a été conçue par l’agence montréalaise Tam-Tam\TBWA.
 
Déclinée pour la télé, le web, la radio et l’affichage, l’offensive rappelle l’importance de donner. Quand les gens se rendent dans un comptoir pour recevoir de l’aide, mais que même ce dernier recours ne peut leur offrir de quoi se nourrir, c’est dramatique. 
 
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Les porte-paroles artistes de La guignolée des médias 2018 s’expriment sur la pauvreté, la faim et l’entraide
 
« On souffre tous d’une mauvaise compréhension de la réalité des gens. C’est la pire des misères que de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de nos enfants. On a tous peur de ça. » – Corneille
 
« L’image que j’avais des comptoirs alimentaires, c’est qu’elles contiennent plein de bouffe et que les gens viennent s’y servir. Or, ce que j’ai constaté, c’est qu’elles sont vides. »– Jeff Boudreault
 
« Quand on voit l’ampleur du problème, ça donne le goût de s’impliquer encore plus. » – Véronique Claveau
 
« 50 % des comptoirs éprouvent des difficultés. C’est un très gros chiffre, ça met à l’envers. » – Livia Martin
 
« C’est facile de donner un coup de main. Il ne suffit pas de sortir dans les rues le 6 décembre, c’est toute l’année qu’il le faut, avec des petits gestes concrets. » – Bob le Chef
 
« On peut changer le monde une personne à la fois. Il suffit de regarder de chaque côté de soi. » – Marie-Claude Barrette
 
« Comme jeune artiste, j’espère influencer la jeunesse et l’inciter à donner du temps ou des denrées, car c’est pertinent. » –Ludovick Bourgeois
 
« La faim ne touche pas que les grandes villes. Dans les régions et dans les petits villages, on trouve aussi des gens qui ont besoin de manger. » –Guylaine Tanguay
 
« Les visages de la pauvreté sont nombreux et complexes, et nous sommes tous vulnérables même si c’est dur à accepter. Donner, s’engager ou faire du bénévolat ne nous met pas à l’abri, mais ça aide grandement à croire en un avenir meilleur et, souvent, à sourire. » –Alexandre Goyette
 
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Donnez le 6 décembre…
Le jeudi 6 décembre, partout au Québec, plus de 350 de points de collecte seront déployés afin de recevoir les dons en argent ou en denrées non périssables, lesquels seront remis à des organismes des différentes régions. À Montréal, les bénévoles profiteront d’une météo clémente avec quelques flocons. 150 endroits seront ouverts de 6 h à 10 h et de 15 h à 18 h afin de recevoir vos dons pour Moisson MontréalJeunesse au Soleil et la Société de Saint-Vincent de Paul.
 
Exemples de denrées acceptées
  • conserves (viandes, poissons, lait maternisé, aliments pour bébés, soupes, etc.);
  • céréales, thé, café, pâtes alimentaires;
  • produits d’hygiène personnelle (savons, dentifrices, brosses à dents, shampoings, déodorants, essuie-tout, tampons, couches jetables, mouchoirs de papier, papier hygiénique, etc.);
  • articles d’entretien ménager et médicaments d’utilisation courante (sirops, analgésiques, antihistaminiques, etc.). 
… et jusqu’au 24 décembre
Les denrées non périssables et les dons en argent pourront être déposés chaque jour et jusqu’au 24 décembre dans plus de 600 lieux de collecte chez les Amis de La guignolée des médias :  Il est aussi possible de donner en ligne à guignolee.ca ou par téléphone grâce à Ticketpro, au 1 866 908-9090 (sans frais) ou au 514 908-9090. On peut également offrir 10 $ en textant NOEL au 20222.
 
Seule cause organisée et soutenue par une centaine de médias du Québec, La guignolée des médias a récolté plus de 37 millions $ et plusieurs dizaines de tonnes de nourriture depuis sa naissance en 2001. Le tout a été distribué à au-delà de 100 organismes bénéficiaires.
 
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Testez vos connaissances sur la faim
Des chiffres révélateurs et inquiétants sur la pauvreté au Québec
 
Selon le Bilan-Faim 2017, combien de Québécois de plus que l’année précédente ont reçu de l’aide alimentaire chaque mois?
170 576 personnes (dont 58 220 enfants)
 
Un tel chiffre représente une augmentation de quel pourcentage depuis 2008?
33,7 %
 
Quel pourcentage des demandeurs d’aide alimentaire ont un revenu d’emploi trop faible ou reçoivent une pension de vieillesse?
19,4 % (11,2 % avec un revenu d’emploi; 8,2 % avec une pension) 
 
Quelle est l’augmentation du nombre de ménages ayant sollicité un comptoir alimentaire pour la première fois au cours de la dernière année?
3 %
 
Quel pourcentage de demandes provient de ménages avec au moins un enfant?
39,3 % (de ce nombre, 80 % des bénéficiaires sont âgés de 10 ans et moins)
 
Quelle est l’augmentation du nombre de célibataires ayant recouru à un comptoir alimentaire depuis 10 ans?
10 %
 
Combien d’enfants de 0-17 ans reçoivent une aide alimentaire chaque mois auprès des organismes accrédités?
41 500 
 
Avec chaque dollar reçu en don, Moisson Montréal peut redistribuer quelle valeur de nourriture?
15 $
 
Au cours de la dernière année, la Société de Saint-Vincent-de-Paul a noté une augmentation de près de 20 % de cette catégorie parmi les gens qui recourent à l’aide alimentaire. De qui s’agit-il?
Les personnes vivant seules et recevant une pension de vieillesse
 
Depuis la crise financière de 2008, la quantité de gens utilisant la banque alimentaire de Jeunesse au Soleil a grimpé de quel pourcentage?
37 %
 
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#guignolee2018
 
     
 
Merci à Cision pour la diffusion des communications de La guignolée des médias.
 
 
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